Natalya Saprunova, originaire de la Russie arctique, sur la péninsule de Kola à Mourmansk, est une photographe documentaire basée à Paris.
Durant ses études supérieures de français en Russie, elle travaillait comme photojournaliste pour le quotidien Le Messenger de Mourmansk.
Après son arrivée en France en 2008, elle a étudié et travaillé dans le marketing dans le cadre de son parcours vers la citoyenneté française.
Huit ans plus tard, elle a quitté son contrat à durée indéterminée pour revenir pleinement à la photographie.
Diplômée en photojournalisme documentaire de l'École des Métiers de l'Information à Paris en 2020, Natalya poursuit aujourd'hui une démarche ethnographique autour de problématiques contemporaines telles que l'identité, l'environnement, le changement climatique, la jeunesse, la féminité et la spiritualité.
Animée par la passion de la transmission, elle enseigne la photographie depuis 2016 à l'école Graine de Photographe à Paris, et a également accompagné des voyages photo en Russie, à Saint-Pétersbourg et au lac Baïkal.
Elle intervient lors de conférences et auprès de jeunes publics pour les sensibiliser aux enjeux environnementaux, culturels et sociaux qu'elle documente.
Invitée d'Honneur Natalya Saprunova
Permafrost : Ce froid n'est plus éternel
Le permafrost, gelé depuis des millénaires, est en train de disparaître sous l'effet du réchauffement.
Il couvre près de 25 millions de km2, 20% de la surface continentale, principalement en Sibérie et dans l'Arctique nord-américain.
Dans ces régions riches de cultures autochtones, le dégel provoque affaissements de terrains et bouleversements des écosystèmes.
Pour comprendre et anticiper ces impacts, des scientifiques du monde collaborent avec les communautés locales en étudiant sols, sédiments et eaux, évaluant l'ampleur du retrait côtier, la profondeur du permafrost et les changements dans la végétation, recherchant des contaminants libérés par le dégel.
La Yakoutie, région de Sibérie orientale, abrite l'un des plus anciens permafrosts.
Ce sol gelé depuis des centaines de milliers d'années conserve les traces d'écosystèmes du Pléistocène.
Des peuples autochtones comme les Evenks et les Sakhas y vivent depuis des siècles, en étroite relation avec un climat des plus extrêmes.
Leur culture et leur mode de vie, fondés sur l'élevage de rennes, de chevaux et de bovins adaptés au froid, sont liés au permafrost et aux cycles naturels.
Aujourd'hui, des phénomènes climatiques inhabituels tels que vagues de chaleur, incendies, inondations accélèrent le dégel, bouleversant les équilibres et contribuant au dérèglement climatique mondial.
De l'autre côté de l'Arctique, le Canada est gravement touché par le dégel.
Cette transformation menace les infrastructures, mais aussi les modes de vie des autochtones, liés à leur territoire.
La fonte du permafrost libère également du mercure, mettant en danger les écosystèmes marins et les ressources alimentaires.
Certaines autorités envisagent déjà de relocaliser des villages entiers.
Les Inuvialuit du Nord-Ouest canadien seraient les premières communautés contraintes à l'exil climatique.
Selon les chercheurs, le permafrost pourrait disparaître avant la fin de ce siècle, affectant les infrastructures et les écosystèmes locaux, et aussi la biosphère mondiale.
Le risque d'une boucle de rétroaction incontrôlable inquiète : plus le permafrost fond, plus il émet de gaz, ce qui accélère encore le réchauffement.
Des bactéries anciennes et des virus, tels que celui de l'anthrax, pourraient être libérés du sol et de la glace, provoquant de graves maladies chez les animaux et les humains.
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